ÊTRE MRE AUJOURD’HUI

De nos jours, être MRE, ce n’est pas qu’une situation géographique, mais aussi un état d’esprit. Estimés officiellement à 3 millions d’individus en Europe, ils seraient environ le double en comptant les naturalisés. Au cours de leur vie, 99% des membres de la 1ère génération, qui ont, à présent, l’âge de la retraite, ont œuvré à construire une maison au pays dans l’espoir d’y retourner avec leur famille.
Or, pour leurs descendants qui atteignent aujourd’hui les 40-50 ans et dont une bonne partie est naturalisée, l’idée d’un retour au pays est moins systématique.

Au lieu d’acquérir un bien immobilier au Maroc, beaucoup s’établissent dans le pays d’accueil.
En conséquence, pour rester près de leurs enfants, de nombreux membres de la 1ère génération revendent les biens acquis au Maroc. Une tendance qui a toutes les chances de se transmettre et de s’accentuer auprès des 3èmes et 4èmes générations déjà en marche. Il faut inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard.

Les statistiques sont pourtant stupéfiantes : 86 % des MRE rêvent de rentrer au pays ! (Enquête Association Maroc-Entrepreneur 2006). À la différence de leurs aînés qui attendaient la retraite, on assiste actuellement à un retour de quadras (2ème génération) décidés à développer des entreprises. Malheureusement, le manque évident de communication des institutions locales envers les investisseurs MRE est cause de bien des échecs. En l’absence de soutien, beaucoup abandonnent et repartent. La différence de culture et la barrière de langue sont autant d’obstacles qui découragent les MRE.

La défection des 2ème et 3ème générations au retour sur le territoire marocain s’élevant à environ 25% (sources bancaires), il a été constaté, ces dernières années, une baisse significative des entrées de devises.
Or, la totalité des MRE représente une puissance économique importante. La plus grande part de MRE originaires de notre région et pourvoyeurs, à eux seuls, de près de 42% des rentrées de devises sur le territoire marocain, sont répartis en Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Belgique et Hollande.

Il existe encore, de nos jours, un cliché récurrent représentant le MRE serrant toute l’année les cordons de sa bourse pour déposer ses fonds chaque été dans une banque marocaine. De cette image découle tous les messages existants adressés aux MRE. Émanant essentiellement d’organismes bancaires, ces campagnes véhiculent une image totalement dépassée et cantonnent les MRE dans un rôle exclusivement porteur de devises. Une erreur de jugement qui renforce les idées toutes faites et le sentiment d’incompréhension.

Hormis les messages des banques, les seules actions concrètes sont les activités de la Fondation HASSAN II pour les MRE et les campagnes d’accueil de la Fondation Mohamed V pour la Solidarité sous la forme de mesures d’assistance au transit selon un axe Europe-Maroc pendant les 3 mois d’été.

Pour le reste, les MRE pâtissent de leur image de porteurs de devises. On assiste, ainsi, à des agissements opportunistes tels que, par exemple, la réduction des taux de change pendant l’été. Une réalité qui ne favorise ni l’acceptation des MRE en tant qu’enfants du pays, ni ne les encourage à venir plusieurs fois par an.
L'association CAP SUD MRE entend jouer ici un rôle de médiateur en faveur de la résolution de ces problèmes entre les MRE et les institutions concernées.

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